A la lecture de la
décision de l'ART, il convient de préciser que les
opérateurs de "classe 2" ne sont pas autorisés à utiliser les classes
d'émission marquées d'un astérisque (*) dans les bandes de fréquences
inférieures à 29,7 MHz.
Ces modes interdits sont :
-
A1A : télégraphie pour
réception AUDITIVE, modulation d'amplitude, double bande latérale
unique, sans emploi d'une sous-porteuse modulante ;
-
A2A : télégraphie pour
réception AUDITIVE, modulation d'amplitude, double bande latérale
unique, avec emploi d'une sous-porteuse modulante ;
-
F1A : télégraphie pour
réception AUDITIVE, modulation de fréquence, sans emploi d'une
sous-porteuse modulante ;
-
F2A : télégraphie pour
réception AUDITIVE, modulation de fréquence, avec emploi d'une
sous-porteuse modulante ;
En revanche, il est
expressément autorisé pour les opérateurs de la classe 2 d'utiliser les modes
suivants :
-
A1B : télégraphie pour
réception AUTOMATIQUE, modulation d'amplitude, double bande latérale
unique, sans emploi d'une sous- porteuse modulante ;
-
A2B : télégraphie pour
réception AUTOMATIQUE, modulation d'amplitude, double bande latérale
unique, avec emploi d'une sous- porteuse modulante ;
-
F1B : télégraphie pour
réception AUTOMATIQUE, modulation de fréquence, sans emploi d'une
sous-porteuse modulante ;
-
F2B : télégraphie pour
réception AUTOMATIQUE, modulation de fréquence, avec emploi d'une
sous-porteuse modulante ;
Il
ressort donc de ce texte que l'interdiction de faire de la télégraphie pour
les F4 / F1 n'est qu'une interdiction RELATIVE. En effet, si la
télégraphie pour réception auditive, c'est-à-dire manipulée manuellement, est
effectivement interdite à la classe 2, la télégraphie pour réception
automatique, c'est-à-dire transmise automatiquement à partir par exemple d'un
ordinateur ou d'un manipulateur électronique avec messages pré-enregistrés en
mémoires, lui est au contraire expressément autorisée.
Pour
quelles raisons une telle différenciation ?
L'explication est juridique. En effet, pour se prémunir des
attaques éventuelles de personnes opposées à cette nouvelle décision de l'ART,
il convenait de justifier l'existence de droits supplémentaires reconnus aux
opérateurs de la classe 1 en conséquence du maintien de la distinction entre
le certificat d'opérateur radiotéléphoniste et le certificat d'opérateur
radiotéléphoniste - radiotélégraphiste.
Or, en accordant aux
opérateurs de la classe 2 les mêmes modes de transmissions, donc les mêmes
droits que ceux dont bénéficient les opérateurs de la classe 1, il n'y avait
juridiquement plus de raison de distinguer 3 classes d'opérateurs du service
radioamateur. Cette brèche n'aurait certainement pas manqué d'être exploitée
par des procéduriers pour aboutir à l'annulation de la décision du 30 mars
2004, par recours contentieux effectués devant le Conseil d'État.
De surcroît, deux examens
différents ne peuvent donner accès aux mêmes droits.
Quelles
conséquences sur le plan de bandes que les F1 / F4 pourront désormais
pratiquer ?
Juridiquement, aucune. Ils
pourront utiliser l'intégralité des bandes HF attribuées aux opérateurs de
la classe 1, sans aucune autre condition.
S'il résulte des
recommandations de l'UIT que le début de chaque bande décamétrique est
généralement attribué aux communications en CW, il n'est nullement
interdit aux opérateurs de la classe 2 de transmettre sur ces portions de
bandes, mais pas dans n’importe quelles conditions.
En effet, ils ne
pourront que transmettre et recevoir en télégraphie pour réception
automatique, à moins qu'ils ne veuillent essayer de s'attirer les
foudres des autres radioamateurs étrangers s'ils se mettent à transmettre en
SSB ou en AM/FM sur ces portions de bandes réservées en exclusivité à la CW...
Mais le bon sens doit
l'emporter, et il est impératif de bien respecter le plan de bandes
décamétriques établi par l'IARU, car il ne faut pas oublier que nous
partageons ces bandes avec les OM du monde entier, et que si chacun s'abrite
derrière le fait que sa législation nationale lui donne effectivement le
droit de transmettre en phonie sur la portion de bande télégraphie, il
convient de respecter une certaine discipline établie et maintenue depuis de
nombreuses années à l'échelle mondiale, grâce aux recommandations de l'I.A.R.U.,
et ce, bien avant que ces nouveaux opérateurs français soient autorisés à
trafiquer en ondes courtes. En résumé : n’apportez pas de « zizanie » là où
il n'y en avait pas auparavant.
Les F1 /
F4 vont-ils changer d'indicatifs ?
En principe, non. Ce n'est
que si les opérateurs de la classe 2 veulent intégrer la classe 1 et passent
avec succès l'épreuve de lecture au son (examen de télégraphie), qu'il y aura
lieu à changement d'indicatif en fonction des réserves disponibles.
Ainsi, à titre d'exemple :
F1AAA ou F4AAA, opérateur de la classe 2, ayant réussi l'examen de
télégraphie, intégrera en conséquence la classe 1, et pourra devenir par la
suite F5AAA, ou F8AAA, selon que le suffixe "AAA" sera déjà attribué ou non à
un opérateur de la classe 1 titulaire d'un indicatif en préfixe F5, F6 ou F8.